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Série « Fin du clic et entreprise sans coutures » · 1 / 4

Nous avons passé 20 ans à construire des interfaces. L'IA n'en a pas besoin.

29 avril 2026 · Lire l'original sur LinkedIn →

La lecture de plusieurs articles sur l'IA m'a amené à une conviction : ce qui se joue n'est pas une évolution du logiciel. C'est sa recomposition complète. Je vous propose une série intitulée « Fin du clic et entreprise sans coutures », composée de quatre articles, pour essayer d'y voir plus clair et d'en rendre compte.

En février 2026, environ 285 milliards de dollars se sont évaporés des capitalisations boursières des grands éditeurs de logiciels en 48 heures. Thomson Reuters a enregistré sa plus forte chute journalière de son histoire. LegalZoom a perdu près de 20 %. Les ETF logiciels ont plongé de 20 % depuis le début de l'année. La presse a immédiatement trouvé un nom pour cet événement : le SaaSpocalypse.

Je n'ai pas été surpris. Pas parce que j'aurais anticipé ce décrochage boursier précis, mais parce que cela fait des années que j'observe, dans des secteurs très différents (entreprises privées, collectivités, professions réglementées), une même tension sourde s'installer. Le logiciel B2B tel que nous l'avons connu depuis vingt ans est en train de se fissurer de l'intérieur.

Ce que les marchés ont brutalement intégré en quelques heures, les organisations vont devoir l'intégrer sur les prochains mois. C'est l'objet de cette série.

1. Le modèle économique qui s'effondre

Pendant deux décennies, la logique SaaS reposait sur une équation simple et élégante : un utilisateur, un abonnement mensuel. Vous embauchez 50 collaborateurs, vous achetez 50 licences. Vous grandissez, votre facture logicielle grandit avec vous. Les investisseurs adoraient ce modèle, prévisible, récurrent, scalable.

Cette équation est désormais fausse.

Les agents IA n'ont pas besoin de licences. Ils ne se connectent pas avec des identifiants, ils n'apparaissent pas dans un tableau de bord administrateur. Ils exécutent des tâches, parfois des milliers par jour, sans occuper le moindre « siège » dans les systèmes qu'ils opèrent. Quand un agent fait le travail de dix collaborateurs humains, le modèle par siège ne se comprime pas : il s'effondre.

Satya Nadella l'a formulé avec une clarté brutale fin 2024 : « La notion même que les applications métier existent, c'est là qu'elles vont probablement toutes s'effondrer, à l'ère des agents. Ce sont essentiellement des bases de données avec de la logique métier. Et cette logique va migrer vers les agents. »

Ce qu'il décrit, c'est la décomposition structurelle du SaaS en trois couches : une base de données, de la logique métier, et une interface pour que les humains puissent interagir avec tout cela. Les agents IA absorbent les deux dernières couches. L'interface disparaît. La logique migre. Reste la donnée, sans la belle application qui l'habillait et justifiait l'abonnement.

2. Ce n'est pas une correction. C'est une reclassification.

Atlassian a enregistré pour la première fois de son histoire une baisse de son nombre de sièges entreprise. Workday a supprimé 8,5 % de ses effectifs, un éditeur de logiciels de gestion des ressources humaines qui réduit ses propres ressources humaines à cause de l'IA : le symbole était saisissant. Les multiples de valorisation des SaaS sont passés de 34x les bénéfices futurs à moins de 23x. C'est la première fois de l'histoire que les logiciels se négocient en dessous du multiple moyen du marché global.

Mais le signal le plus éloquent de ces dernières semaines ne vient pas d'un analyste financier. Il vient de Jack Dorsey, fondateur de Twitter et PDG de Block.

Le 26 février 2026, il annonce la suppression de plus de 4 000 postes, soit la moitié des effectifs. Sa justification mérite d'être lue attentivement :

« Nous ne prenons pas cette décision parce que nous sommes en difficulté. Notre business est solide. Mais quelque chose a changé. Les outils d'intelligence que nous créons et utilisons, associés à des équipes plus petites et plus plates, permettent une nouvelle façon de travailler qui change fondamentalement ce que signifie construire et gérer une entreprise. Et cela s'accélère rapidement. »

Ce n'est pas un plan de restructuration classique. C'est une déclaration de principe sur la nouvelle architecture des organisations. Dorsey ne licencie pas parce que la croissance ralentit. Il licencie parce que la taille est devenue une inefficience. L'intelligence, distribuée dans les outils, remplace la masse.

Il ajoute quelque chose de crucial : il veut que ses clients puissent « construire leurs propres fonctionnalités directement, composées de nos capacités et servies à travers nos interfaces ». Ce glissement sémantique est immense : le logiciel ne livre plus un produit fini, il met à disposition des capacités que l'organisation configure elle-même, via des agents.

3. L'interface était la promesse. L'agent en est l'héritier.

Je me souviens d'une conversation, en 2015, avec le directeur général d'un éditeur SaaS important du marché des experts-comptables. Je lui disais que le destin des SaaS était de devenir de pures API, que l'interface allait devoir radicalement se transformer.

Aujourd'hui, cette transformation n'est plus une hypothèse de travail. Elle est en cours.

Les agents n'apprennent pas à utiliser un logiciel. Ils appellent une API. Ils n'ont pas besoin d'un tableau de bord, ils ont besoin d'un point d'accès aux données et d'une permission d'agir. L'interface graphique n'était pas une finalité : c'était un intermédiaire rendu nécessaire par les limites de la machine. Ces limites reculent. L'intermédiaire devient optionnel.

Ce n'est pas la mort du logiciel. C'est la dématérialisation de son enveloppe la plus visible.

4. La prochaine couche de valeur : la compétence encapsulée

Si l'interface disparaît, qu'est-ce qui prend de la valeur ?

La réponse est contre-intuitive : ce sont les compétences métier formalisées.

Un agent IA est puissant. Mais un agent IA qui sait comment fonctionne un cabinet d'expertise comptable, dans une très grande finesse, chaque fonction des collaborateurs, qui connaît les spécificités d'une DSI de collectivité, qui intègre les contraintes réglementaires d'un secteur précis, cet agent vaut infiniment plus. Et cette connaissance, traduite en instructions, en workflows, en règles de décision, va devenir un actif à part entière.

Nous allons voir émerger un marché de compétences encapsulées. Des « skills » sectoriels que les organisations achèteront, combineront, configureront. Dans un premier temps, ces skills auront une valeur forte, différenciante, presque stratégique. Puis, inévitablement, les plus communs se commodiseront. Les prix baisseront. La réglementation suivra comme elle a toujours suivi les nouvelles couches technologiques, avec un décalage.

Ce mouvement ressemble à ce que le web a fait aux contenus : d'abord une rareté précieuse, puis une abondance qui a fracturé les modèles économiques des producteurs de contenu. Sauf que là, c'est le travail de connaissance qui est en jeu, et son périmètre est autrement plus vaste.

5. Ce que cela change pour les organisations, dès maintenant

La lenteur à la transformation des utilisateurs est un retardateur. Pas une issue.

Les organisations qui travaillent encore avec des logiciels métier achetés sur la logique « un utilisateur, une licence » ne sont pas à l'abri, elles sont simplement en décalage. La marche est engagée. Elle ne demande pas si les organisations sont prêtes. Elle demande seulement dans quel état elles l'accueilleront : en ayant anticipé, ou en subissant.

Dans les prochains articles, j'explore cette transformation là où elle se joue concrètement : dans les cabinets d'expertise comptable, où le SaaS et le private equity ont déjà recomposé l'écosystème logiciel avant même que l'IA n'entre en scène, puis dans les collectivités territoriales, dont la dépendance aux logiciels métier est massive et largement sous-estimée.

Série « Fin du clic et entreprise sans coutures ». Article 1 sur 4.

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Series « The end of the click and the seamless enterprise » · 1 / 4

We spent 20 years building interfaces. AI doesn't need them.

29 April 2026 · Read the original on LinkedIn →

Reading several articles on AI led me to one conviction: what is at stake is not an evolution of software. It is its complete recomposition. I offer a series titled « The end of the click and the seamless enterprise », four articles, to try to see more clearly and to account for it.

In February 2026, roughly 285 billion dollars evaporated from the market capitalizations of the major software vendors in 48 hours. Thomson Reuters recorded its steepest single-day drop in history. LegalZoom lost nearly 20%. Software ETFs plunged 20% since the start of the year. The press immediately found a name for the event: the SaaSpocalypse.

I was not surprised. Not because I had anticipated this precise market drop, but because for years I have watched, across very different sectors (private companies, local governments, regulated professions), the same quiet tension setting in. B2B software as we have known it for twenty years is cracking from within.

What the markets absorbed brutally in a few hours, organizations will have to absorb over the coming months. That is the subject of this series.

1. The business model that collapses

For two decades, the SaaS logic rested on a simple, elegant equation: one user, one monthly subscription. You hire 50 employees, you buy 50 licenses. You grow, your software bill grows with you. Investors loved this model, predictable, recurring, scalable.

That equation is now false.

AI agents do not need licenses. They do not log in with credentials, they do not appear in an admin dashboard. They execute tasks, sometimes thousands a day, without occupying a single "seat" in the systems they operate. When an agent does the work of ten human employees, the per-seat model does not compress: it collapses.

Satya Nadella put it with brutal clarity in late 2024: "The very notion that business applications exist, that is probably where they will all collapse, in the age of agents. They are essentially databases with business logic. And that logic will migrate to the agents."

What he describes is the structural decomposition of SaaS into three layers: a database, business logic, and an interface so humans can interact with all of it. AI agents absorb the last two layers. The interface disappears. The logic migrates. What remains is the data, without the elegant application that dressed it and justified the subscription.

2. This is not a correction. It is a reclassification.

Atlassian recorded, for the first time in its history, a decline in its enterprise seat count. Workday cut 8.5% of its workforce, a maker of human-resources management software reducing its own human resources because of AI: the symbol was striking. SaaS valuation multiples fell from 34x future earnings to under 23x. It is the first time in history that software trades below the average multiple of the overall market.

But the most eloquent signal of recent weeks does not come from a financial analyst. It comes from Jack Dorsey, founder of Twitter and CEO of Block.

On 26 February 2026, he announced the elimination of more than 4,000 positions, half the workforce. His justification deserves careful reading:

"We are not making this decision because we are in trouble. Our business is strong. But something has changed. The intelligence tools we build and use, combined with smaller and flatter teams, enable a new way of working that fundamentally changes what it means to build and run a company. And it is accelerating fast."

This is not a classic restructuring plan. It is a statement of principle about the new architecture of organizations. Dorsey is not laying off because growth is slowing. He is laying off because size has become an inefficiency. Intelligence, distributed into the tools, replaces mass.

He adds something crucial: he wants his clients to be able to "build their own features directly, composed of our capabilities and served through our interfaces." This semantic shift is immense: software no longer delivers a finished product, it makes available capabilities that the organization configures itself, through agents.

3. The interface was the promise. The agent is its heir.

I remember a conversation, in 2015, with the CEO of a major SaaS vendor in the accounting-firm market. I told him that the destiny of SaaS was to become pure APIs, that the interface would have to transform radically.

Today, that transformation is no longer a working hypothesis. It is under way.

Agents do not learn to use software. They call an API. They do not need a dashboard, they need an access point to the data and permission to act. The graphical interface was not an end in itself: it was an intermediary made necessary by the limits of the machine. Those limits are receding. The intermediary becomes optional.

This is not the death of software. It is the dematerialization of its most visible shell.

4. The next layer of value: encapsulated skill

If the interface disappears, what gains value?

The answer is counter-intuitive: it is formalized business skill.

An AI agent is powerful. But an AI agent that knows how an accounting firm works, in great detail, each function of its staff, that knows the specifics of a local-government IT department, that integrates the regulatory constraints of a precise sector, that agent is worth infinitely more. And that knowledge, translated into instructions, workflows, decision rules, will become an asset in its own right.

We will see a market of encapsulated skills emerge. Sector "skills" that organizations will buy, combine, configure. At first, these skills will carry strong, differentiating, almost strategic value. Then, inevitably, the most common ones will be commoditized. Prices will fall. Regulation will follow, as it has always followed new technological layers, with a lag.

This movement resembles what the web did to content: first a precious scarcity, then an abundance that fractured the economic models of content producers. Except that here it is knowledge work at stake, and its scope is far wider.

5. What this changes for organizations, right now

User slowness to transform is a delayer. Not a way out.

Organizations still working with business software bought on the "one user, one license" logic are not safe, they are simply out of step. The march is under way. It does not ask whether organizations are ready. It only asks in what state they will greet it: having anticipated, or enduring it.

In the coming articles, I explore this transformation where it plays out concretely: in accounting firms, where SaaS and private equity had already recomposed the software ecosystem before AI even entered the scene, then in local governments, whose dependence on business software is massive and largely underestimated.

Series « The end of the click and the seamless enterprise ». Article 1 of 4.

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Serie « El fin del clic y la empresa sin costuras » · 1 / 4

Pasamos 20 años construyendo interfaces. La IA no las necesita.

29 de abril de 2026 · Leer el original en LinkedIn →

La lectura de varios artículos sobre la IA me llevó a una convicción: lo que está en juego no es una evolución del software. Es su recomposición completa. Os propongo una serie titulada « El fin del clic y la empresa sin costuras », cuatro artículos, para intentar verlo con más claridad y darle cuenta.

En febrero de 2026, unos 285.000 millones de dólares se evaporaron de las capitalizaciones bursátiles de los grandes editores de software en 48 horas. Thomson Reuters registró su mayor caída diaria de la historia. LegalZoom perdió casi un 20 %. Los ETF de software se hundieron un 20 % desde principios de año. La prensa encontró de inmediato un nombre para el suceso: el SaaSpocalypse.

No me sorprendió. No porque hubiera anticipado esta caída bursátil precisa, sino porque desde hace años observo, en sectores muy diferentes (empresas privadas, administraciones locales, profesiones reguladas), instalarse la misma tensión sorda. El software B2B tal como lo hemos conocido durante veinte años se está agrietando por dentro.

Lo que los mercados integraron brutalmente en unas horas, las organizaciones deberán integrarlo durante los próximos meses. Ese es el objeto de esta serie.

1. El modelo económico que se desploma

Durante dos décadas, la lógica SaaS reposaba sobre una ecuación simple y elegante: un usuario, una suscripción mensual. Contrata a 50 empleados, compra 50 licencias. Crece, su factura de software crece con usted. A los inversores les encantaba este modelo: previsible, recurrente, escalable.

Esa ecuación ahora es falsa.

Los agentes de IA no necesitan licencias. No se conectan con credenciales, no aparecen en un panel de administración. Ejecutan tareas, a veces miles al día, sin ocupar ni un solo «asiento» en los sistemas que operan. Cuando un agente hace el trabajo de diez empleados humanos, el modelo por asiento no se comprime: se desploma.

Satya Nadella lo formuló con brutal claridad a finales de 2024: «La noción misma de que existan las aplicaciones de negocio, ahí es donde probablemente se desplomarán todas, en la era de los agentes. Son esencialmente bases de datos con lógica de negocio. Y esa lógica migrará hacia los agentes.»

Lo que describe es la descomposición estructural del SaaS en tres capas: una base de datos, lógica de negocio y una interfaz para que los humanos interactúen con todo ello. Los agentes de IA absorben las dos últimas capas. La interfaz desaparece. La lógica migra. Queda el dato, sin la bonita aplicación que lo revestía y justificaba la suscripción.

2. No es una corrección. Es una reclasificación.

Atlassian registró, por primera vez en su historia, una caída de su número de asientos empresariales. Workday suprimió el 8,5 % de su plantilla, un editor de software de gestión de recursos humanos que reduce sus propios recursos humanos a causa de la IA: el símbolo era llamativo. Los múltiplos de valoración del SaaS pasaron de 34x los beneficios futuros a menos de 23x. Es la primera vez en la historia que el software cotiza por debajo del múltiplo medio del mercado global.

Pero la señal más elocuente de estas últimas semanas no viene de un analista financiero. Viene de Jack Dorsey, fundador de Twitter y consejero delegado de Block.

El 26 de febrero de 2026 anuncia la supresión de más de 4.000 puestos, la mitad de la plantilla. Su justificación merece leerse con atención:

«No tomamos esta decisión porque estemos en dificultades. Nuestro negocio es sólido. Pero algo ha cambiado. Las herramientas de inteligencia que creamos y usamos, combinadas con equipos más pequeños y más planos, permiten una nueva manera de trabajar que cambia de raíz lo que significa construir y dirigir una empresa. Y se está acelerando rápido.»

No es un plan de reestructuración clásico. Es una declaración de principios sobre la nueva arquitectura de las organizaciones. Dorsey no despide porque el crecimiento se ralentice. Despide porque el tamaño se ha vuelto una ineficiencia. La inteligencia, distribuida en las herramientas, reemplaza a la masa.

Añade algo crucial: quiere que sus clientes puedan «construir sus propias funcionalidades directamente, compuestas por nuestras capacidades y servidas a través de nuestras interfaces». Ese desplazamiento semántico es inmenso: el software ya no entrega un producto acabado, pone a disposición capacidades que la organización configura ella misma, mediante agentes.

3. La interfaz era la promesa. El agente es su heredero.

Recuerdo una conversación, en 2015, con el director general de un editor SaaS importante del mercado de los despachos contables. Le decía que el destino del SaaS era convertirse en puras API, que la interfaz iba a tener que transformarse radicalmente.

Hoy, esa transformación ya no es una hipótesis de trabajo. Está en curso.

Los agentes no aprenden a usar un software. Llaman a una API. No necesitan un panel de control, necesitan un punto de acceso a los datos y un permiso para actuar. La interfaz gráfica no era una finalidad: era un intermediario hecho necesario por los límites de la máquina. Esos límites retroceden. El intermediario se vuelve opcional.

No es la muerte del software. Es la desmaterialización de su envoltorio más visible.

4. La próxima capa de valor: la competencia encapsulada

Si la interfaz desaparece, ¿qué gana valor?

La respuesta es contraintuitiva: las competencias de negocio formalizadas.

Un agente de IA es potente. Pero un agente de IA que sabe cómo funciona un despacho de expertos contables, con muchísima finura, cada función de sus colaboradores, que conoce las especificidades del área de TI de una administración, que integra las restricciones normativas de un sector preciso, ese agente vale infinitamente más. Y ese conocimiento, traducido en instrucciones, en workflows, en reglas de decisión, se convertirá en un activo en sí mismo.

Veremos emerger un mercado de competencias encapsuladas. «Skills» sectoriales que las organizaciones comprarán, combinarán, configurarán. En un primer momento, esas skills tendrán un valor fuerte, diferenciador, casi estratégico. Después, inevitablemente, las más comunes se comoditizarán. Los precios bajarán. La regulación seguirá, como siempre ha seguido a las nuevas capas tecnológicas, con un desfase.

Este movimiento se parece a lo que la web hizo con los contenidos: primero una escasez preciosa, luego una abundancia que fracturó los modelos económicos de los productores de contenido. Salvo que aquí lo que está en juego es el trabajo de conocimiento, y su alcance es mucho más vasto.

5. Lo que esto cambia para las organizaciones, desde ya

La lentitud de los usuarios en transformarse es un retardante. No una salida.

Las organizaciones que aún trabajan con software de gestión comprado bajo la lógica «un usuario, una licencia» no están a salvo, simplemente están desfasadas. La marcha está en curso. No pregunta si las organizaciones están listas. Solo pregunta en qué estado la recibirán: habiendo anticipado, o padeciéndola.

En los próximos artículos exploro esta transformación allí donde se juega en concreto: en los despachos contables, donde el SaaS y el private equity ya recompusieron el ecosistema del software antes incluso de que la IA entrara en escena, y luego en las administraciones locales, cuya dependencia del software de gestión es masiva y ampliamente subestimada.

Serie « El fin del clic y la empresa sin costuras ». Artículo 1 de 4.

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Série « O fim do clique e a empresa sem costuras » · 1 / 4

Passámos 20 anos a construir interfaces. A IA não precisa delas.

29 de abril de 2026 · Ler o original no LinkedIn →

A leitura de vários artigos sobre a IA levou-me a uma convicção: o que está em jogo não é uma evolução do software. É a sua recomposição completa. Proponho-vos uma série intitulada « O fim do clique e a empresa sem costuras », quatro artigos, para tentar ver com mais clareza e dar conta disso.

Em fevereiro de 2026, cerca de 285 mil milhões de dólares evaporaram-se das capitalizações bolsistas dos grandes editores de software em 48 horas. A Thomson Reuters registou a sua maior queda diária de sempre. A LegalZoom perdeu quase 20 %. Os ETF de software afundaram 20 % desde o início do ano. A imprensa encontrou de imediato um nome para o acontecimento: o SaaSpocalypse.

Não fiquei surpreendido. Não por ter antecipado esta queda bolsista precisa, mas porque há anos observo, em setores muito diferentes (empresas privadas, autarquias, profissões reguladas), instalar-se a mesma tensão surda. O software B2B tal como o conhecemos há vinte anos está a fissurar-se por dentro.

O que os mercados integraram brutalmente em poucas horas, as organizações terão de o integrar ao longo dos próximos meses. É esse o objeto desta série.

1. O modelo económico que se desmorona

Durante duas décadas, a lógica SaaS assentava numa equação simples e elegante: um utilizador, uma subscrição mensal. Contrata 50 colaboradores, compra 50 licenças. Cresce, a sua fatura de software cresce consigo. Os investidores adoravam este modelo: previsível, recorrente, escalável.

Essa equação é agora falsa.

Os agentes de IA não precisam de licenças. Não se ligam com credenciais, não aparecem num painel de administração. Executam tarefas, por vezes milhares por dia, sem ocupar um único «lugar» nos sistemas que operam. Quando um agente faz o trabalho de dez colaboradores humanos, o modelo por lugar não se comprime: desmorona-se.

Satya Nadella formulou-o com clareza brutal no final de 2024: «A própria noção de que as aplicações de negócio existem, é aí que provavelmente vão todas desmoronar-se, na era dos agentes. São essencialmente bases de dados com lógica de negócio. E essa lógica vai migrar para os agentes.»

O que ele descreve é a decomposição estrutural do SaaS em três camadas: uma base de dados, lógica de negócio e uma interface para que os humanos interajam com tudo isso. Os agentes de IA absorvem as duas últimas camadas. A interface desaparece. A lógica migra. Resta o dado, sem a bela aplicação que o vestia e justificava a subscrição.

2. Não é uma correção. É uma reclassificação.

A Atlassian registou, pela primeira vez na sua história, uma queda no número de lugares empresariais. A Workday suprimiu 8,5 % dos efetivos, um editor de software de gestão de recursos humanos que reduz os seus próprios recursos humanos por causa da IA: o símbolo era marcante. Os múltiplos de valorização do SaaS passaram de 34x os lucros futuros para menos de 23x. É a primeira vez na história que o software é negociado abaixo do múltiplo médio do mercado global.

Mas o sinal mais eloquente das últimas semanas não vem de um analista financeiro. Vem de Jack Dorsey, fundador do Twitter e CEO da Block.

A 26 de fevereiro de 2026, anuncia a supressão de mais de 4.000 postos, metade dos efetivos. A sua justificação merece ser lida com atenção:

«Não tomamos esta decisão porque estejamos em dificuldade. O nosso negócio é sólido. Mas algo mudou. As ferramentas de inteligência que criamos e usamos, combinadas com equipas mais pequenas e mais planas, permitem uma nova forma de trabalhar que muda por completo o que significa construir e gerir uma empresa. E isto está a acelerar depressa.»

Não é um plano de reestruturação clássico. É uma declaração de princípio sobre a nova arquitetura das organizações. Dorsey não despede porque o crescimento abranda. Despede porque a dimensão se tornou uma ineficiência. A inteligência, distribuída nas ferramentas, substitui a massa.

Acrescenta algo crucial: quer que os seus clientes possam «construir as suas próprias funcionalidades diretamente, compostas pelas nossas capacidades e servidas através das nossas interfaces». Esse deslize semântico é imenso: o software já não entrega um produto acabado, disponibiliza capacidades que a organização configura ela mesma, através de agentes.

3. A interface era a promessa. O agente é o seu herdeiro.

Lembro-me de uma conversa, em 2015, com o diretor-geral de um editor SaaS importante do mercado das sociedades de contabilidade. Dizia-lhe que o destino do SaaS era tornar-se puras API, que a interface teria de se transformar radicalmente.

Hoje, essa transformação já não é uma hipótese de trabalho. Está em curso.

Os agentes não aprendem a usar um software. Chamam uma API. Não precisam de um painel, precisam de um ponto de acesso aos dados e de uma permissão para agir. A interface gráfica não era uma finalidade: era um intermediário tornado necessário pelos limites da máquina. Esses limites recuam. O intermediário torna-se opcional.

Não é a morte do software. É a desmaterialização do seu invólucro mais visível.

4. A próxima camada de valor: a competência encapsulada

Se a interface desaparece, o que ganha valor?

A resposta é contraintuitiva: as competências de negócio formalizadas.

Um agente de IA é poderoso. Mas um agente de IA que sabe como funciona uma sociedade de contabilidade, com enorme finura, cada função dos colaboradores, que conhece as especificidades de um departamento de TI de uma autarquia, que integra as restrições regulamentares de um setor preciso, esse agente vale infinitamente mais. E esse conhecimento, traduzido em instruções, em workflows, em regras de decisão, tornar-se-á um ativo por direito próprio.

Vamos ver emergir um mercado de competências encapsuladas. «Skills» setoriais que as organizações comprarão, combinarão, configurarão. Num primeiro momento, essas skills terão um valor forte, diferenciador, quase estratégico. Depois, inevitavelmente, as mais comuns serão banalizadas. Os preços cairão. A regulação seguirá, como sempre seguiu as novas camadas tecnológicas, com um desfasamento.

Este movimento assemelha-se ao que a web fez aos conteúdos: primeiro uma escassez preciosa, depois uma abundância que fraturou os modelos económicos dos produtores de conteúdo. Só que aqui é o trabalho de conhecimento que está em jogo, e o seu alcance é bem mais vasto.

5. O que isto muda para as organizações, já

A lentidão dos utilizadores em transformar-se é um retardador. Não uma saída.

As organizações que ainda trabalham com software de gestão comprado segundo a lógica «um utilizador, uma licença» não estão a salvo, estão apenas em desfasamento. A marcha está em curso. Não pergunta se as organizações estão prontas. Só pergunta em que estado a acolherão: tendo antecipado, ou sofrendo-a.

Nos próximos artigos, exploro esta transformação onde ela se joga concretamente: nas sociedades de contabilidade, onde o SaaS e o private equity já recompuseram o ecossistema do software antes mesmo de a IA entrar em cena, e depois nas autarquias, cuja dependência do software de gestão é massiva e largamente subestimada.

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